Ville de Quebec

Québec… …Une ville française en Amérique du Nord Près de 200 000 Québécois et Québécoises vivent à Québec. Divisée en quatre grands secteurs : la Basse-Ville, la Haute-Ville, Limoilou et le Vieux-Québec, la capitale du Québec, la « vieille capitale » est enserrée entre Sillery et Sainte-Foy à l’ouest, Beauport à l’est, Charlesbourg au nord. Jumelée avec la ville de Bordeaux en France, Québec est la première ville française et la deuxième des villes à occupation continue à avoir été créées par des Européens en Amérique du Nord. Elle est aussi la seule ville fortifiée du continent nord-américain. Les trésors qu’elle recèle, les musées qu’elle entretient et l’harmonie générale du site ont valu à Québec de figurer, depuis 1985, parmi les villes désignées par l’UNESCO au titre de joyau du patrimoine mondial. Une ville composite Les traces du passage des siècles, depuis le Régime français jusqu’à la Conquête ont été sauvegardées à travers Québec. Elle offre cependant beaucoup plus que les vestiges des guerres anglo-françaises qui ont finalement eu raison de sa résistance. Ainsi, Québec et ses environs proposent-ils un tour d’horizon des explorations, de la vie quotidienne, religieuse, militaire et parlementaire à travers bientôt cinq siècles d’histoire. Pour l’écrivain français Brasseur de Bourbourg, qui la visite en 1852, Québec a été le creuset de toutes les influences : « Il n’y a peut-être pas une autre ville dans le Nouveau Monde qui offre de si étranges contrastes que Québec : ville de guerre et de commerce, perchée comme un nid d’aigle, ainsi que les châteaux des bords du Rhin, sur un roc perpendiculaire, sillonnant l’Océan avec ses nombreux navires ; ville américaine bâtie par une colonie française, gouvernée par un seigneur anglais, gardée par des Highlanders écossais, soumise encore aux institutions féodales de la France de Louis XIV combinées avec le système du gouvernement parlementaire[…]. » La Basse-Ville Les expressions ville basse et ville haute, pour décrire Québec sont en usage depuis le XVIIe siècle. Asseline de Ronval, premier touriste à voyager en simple curieux en Nouvelle-France, les décrit en 1662 : « en la haute, il y a quantité de maisons et plusieurs églises » et la basse-ville « est mieux bâtie que la haute parce que c’est la demeure des marchands et où sont tous les magasins. » Ronval précise que sur le chemin qui relie les deux parties de Québec, il y a « un grand nombre de cabanes de Sauvages qui sont enfermées d’une palissade d’arbres tous entiers et qui se touchent les uns les autres où on ne pourrait entrer qu’à coups de haches ». Le développement portuaire provoqua, dès le XVIIe siècle, des travaux de remblayage qui ont fait doubler la taille de la Basse-Ville originale. La Haute-VilleVers 1660, plusieurs des terrains qui surplombent la Basse-Ville et le fleuve Saint-Laurent ont déjà été octroyés à des communautés religieuses. Malgré leur résistance à voir leurs domaines amputés d’espaces qui vont être utilisées à des fins défensives, ces institutions apprennent à cohabiter avec les militaires et les administrateurs coloniaux dont la Haute-Ville devient peu à peu le lieu de travail et de résidence. Après la Conquête, les Anglais, qui contrôlent l’administration et le commerce s’installent dans la Haute-Ville, aux environs de la Place d’Armes, du château Saint-Louis et du parc de l’Artillerie. En 1852, l’écrivain Brasseur de Bourbourg parle de contraste « dans la distribution des rues et le style des habitations. La ville haute, enceinte de murailles et de bastions, renferme les grands hôtels et les magasins de luxe ; la ville basse les ouvriers, les marchands, et les marins. » le Château Frontenac le parc des Champs-de-Bataille Lieu d’affrontement des Empires français et anglais en quête d’hégémonie, le parc fût le théâtre de luttes dont l’issue, la Conquête de 1759, a changé le sort de l’Amérique. Au-delà de son passé historique, le parc est à Québec ce que Central Park est à New York et Hyde Park à Londres : un parc urbain d’une valeur inestimable, un véritable poumon au cœur de la ville. Cent huit hectares de plaines et de vallons fleuris, boisés, gazonnés ou enneigés sont offerts à la conquête quotidienne de milliers de citadins et visiteurs. C’est le 17 mars 1908 que la loi créant la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) est sanctionnée pour conserver et mettre en valeur ce site unique au monde de par son étendue, sa situation géographique, son rôle historique et sa beauté. Le parc des Champs-de-Bataille, regroupant entre autres les plaines d’Abraham et le parc des Braves, sera aménagé afin d’honorer la mémoire des combattants français et anglais. Fortifications-de-Québec Québec est la seule ville en Amérique du Nord à avoir conservé ses fortifications; ce qui lui a valu d'être inscrite sur la liste des villes du patrimoine mondial. Le lieu historique national des Fortifications-de-Québec raconte l'histoire militaire de la ville de Québec sur plus de trois siècles. Érigées sur un site exceptionnel coiffant une falaise et dominant le fleuve Saint-Laurent, les fortifications de Québec encerclent la Haute-Ville sur une distance de 4,6 kilomètres et offrent un parcours privilégié. Ce caractère pittoresque des fortifications, ce pourtour qui présente de superbes coups d'oeil en ont fait un attrait touristique dans le passé et un facteur déterminant en faveur de leur conservation. Mais les fortifications de Québec témoignent aussi éloquemment de l'histoire militaire et urbaine de Québec. vue aérienne de la ville de Québec et de ses fortifications © Parcs Canada / François Quirion On y retrouve, comme nulle part ailleurs en Amérique du Nord, un ensemble défensif urbain classique caractérisé par la géométrie du flanquement, la défense en profondeur et l'adaptation à la topographie et à l'ensemble urbain. Au-delà de l'art militaire, les fortifications de Québec témoignent aussi du phénomène de la place forte entre le XVII e et le XIX e siècle. Au coeur de cet ensemble, la Citadelle a tout pour servir d'ultime recours à la garnison britannique. Sa conception même permet d'avancer l'hypothèse que ses constructeurs, en une époque troublée, songeaient autant à se défendre contre une éventuelle révolte des Québécois que contre une attaque américaine. Partout dans le Québec intra-muros, on ressent cette présence militaire qui domine la ville. Les places d'armes, les esplanades, les artères militaires, les secteurs de casernement, d'entreposage de munitions et tout l'attirail d'artillerie des XVIII e et XIX e siècles sont autant de vestiges qui rappellent un passé urbain rythmé par le tambour. Dès la fondation de Québec, des ouvrages militaires s'avèrent un complément indispensable à l'établissement des Français. Sur le plan technique, les fortifications du comptoir ne constituent que des ouvrages rudimentaires, construits rapidement pour répondre aux besoins essentiels. Ces fortifications révèlent, néanmoins, des éléments de l'art militaire européen alors en transition. L'Habitation, érigée par Champlain en 1608, rappelle les châteaux médiévaux en ce que la structure est à la fois un logement, un magasin pour les vivres et un réduit pour la défense avec ses murs verticaux élevés. On y retrouve cependant des éléments nouveaux tels qu'adaptés aux châteaux forts au milieu du XV e siècle pour permettre le tir d'artillerie. Ce que Champlain nomme des « pointes d'éperons », situées au-devant du fossé et du mur vertical, ressemblent aux boulevards du XV e siècle aménagés devant les murailles des châteaux forts. Entre 1620 et 1665, Québec connaît toute une succession d'ouvrages militaires qui prennent la relève de l'Habitation. Ces fortifications, le fort Saint-Louis sur la crête de la Montagne érigé en 1620, la deuxième Habitation de Champlain flanquée de tourelles (1623), quelques batteries et des réduits intégrés aux principaux édifices de la ville comme les monastères et les églises, constituent toujours des ouvrages rudimentaires et des expédients et témoignent de la précarité du comptoir et de la ville naissante qui ne compte qu'environ 600 habitants en 1665, à l'apogée des guerres iroquoises. Plan de la ville de Québec en 1709© Archives nationales du Canada Québec demeurera, en effet, ville ouverte jusqu'en 1690 : suite à la chute du Port-Royal en Acadie, on érige alors, à la hâte, une enceinte composée de onze redoutes ou tours reliées par des palissades en vue de protéger la ville d'un coup de main mené à partir des hauteurs d'Abraham, endroit où l'accès à la ville est le plus facile. Voilà la première d'une série d'enceintes qui seront érigées à Québec entre 1690 et 1745 pour fermer la ville. Une citadelle contre la ville La promenade des gouverneurs © Parcs Canada / Louis Jacob Le dernier élément du plan de défense de Mann sera réalisé, entre 1819 et 1832, avec la construction, par Elias Waker Durnford, de la Citadelle de Québec, sur les hauteurs du Cap-aux-Diamants. La Citadelle se développe sur un pentagone irrégulier avec deux côtés situés sur le bord de l'escarpement, deux vis-à-vis la Haute-Ville et le dernier, à l'ouest, du côté de la campagne. Les deux fronts du côté de la ville sont renforcés par l'ajout de ravelins au-devant des courtines alors que le front ouest est protégé d'un ravelin et de deux contre-gardes. Le rempart du côté de la ville comprend aussi des casemates. L'ingénieur Durnford a donc intégré une portion de l'enceinte de 1745 à sa citadelle. De fait, les seuls fronts véritablement nouveaux sont ceux qui font face à la ville, ce qui confirme que la citadelle devrait jouer le rôle de dernier refuge pour la garnison advenant la prise de la ville ou le soulèvement des habitants. Il faut, en effet, signaler que la construction de la Citadelle a lieu à une époque où les militaires se méfient de la population et où les difficultés politiques s'accentuent. Vue de Québec depuis la Citadelle en 1840 © National Archives du Canada Trouvons-nous là l'explication de l'adoption d'un type conventionnel de construction à Québec au moment où, en Europe, on se dirige vers un nouveau type de fortification : les forts détachés? L'hypothèse nous paraît vraisemblable. D'ailleurs, la rébellion de 1837 au Bas-Canada se présente aussitôt comme une justification du choix des ingénieurs pour une citadelle classique. Il n'en fallait pas plus, à l'occasion de la construction d'une prison dans le bastion du Roi en 1842, pour trouver un prétexte à l'intégration des éléments nécessaires à l'aménagement d'un deuxième « ultime réduit », ce dernier à l'intérieur même de la Citadelle. Les tours Martello La tour Martello no 1 en 1904 © Doughty, A.G. / The Fortress of Québec 1608-1903 Dussault & Proulx, Quebec / 1904. Entre 1786 et 1812, sous la gouverne de Mann et de ses successeurs, les remparts de la ville sont réparés et de nouvelles structures construites. Un mur de maçonnerie surplombe dorénavant la falaise depuis la porte du Palais jusqu'à la Citadelle; avec l'enceinte de 1745, il enferme la Haute-Ville sur son pourtour. À la même époque, on érige cinq nouvelles poudrières sur le circuit des fortifications. De plus, l'enceinte de 1745 se voit dotée de travaux avancés : un ravelin, deux contre-gardes ainsi que des tenailles pour couvrir les flancs du front compris entre les bastions Saint-Louis et des Ursulines. On introduit aussi dans le système de défense de Québec, un ouvrage militaire alors récemment adopté pour la défense des côtes britanniques : la tour Martello. Cet ouvrage, dont la structure rappelle les tours médiévales, offrait surtout l'avantage de nécessiter peu d'hommes. Il s'agit de structures généralement circulaires aux parois plus épaisses sur le côté faisant face à la mer que sur le côté opposé à la terre ferme.
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